
Source : Reportage France 3
À Méry-sur-Oise, dans le Val-d'Oise, une usine de traitement des eaux se dote d'un nouveau procédé de filtration des PFAS, ces substances chimiques issues de l'industrie. Objectif : fournir aux Franciliens une eau sans danger pour la santé.
Une eau potable, quasi sans risque à la consommation. C'est la promesse d'une nouvelle technologie inaugurée samedi dans cette usine du Val-d'Oise. 9 000 rouleaux, dotés de membranes filtrantes, vont être installés prochainement. Ils sont capables de bloquer à 90 % la présence de PFAS, ces polluants éternels dangereux pour la santé, une première en France.
"C'est un vrai tournant, une vraie révolution, comme on dit, puisqu'on passe à une technologie qui va permettre d'avoir une eau pure, très pure. On continue à anticiper, à regarder l'avenir avec confiance, mais aussi en essayant de nous projeter sur les nouvelles technologies", se félicite Richard Dell'Agnola, président du Syndicat des Eaux d'Île-de-France (SEDIF).
Une filtration qui n'élimine pas les polluants
L'eau brute, prélevée dans la rivière l'Oise, pénètre le tube et traverse différentes couches de membrane. Les particules polluantes sont bloquées grâce à des pores plus petits qu'un cheveu. Mais cette technologie a des limites. Les polluants retenus sont rejetés dans les cours d'eau. Aucun moyen n'existe pour les détruire définitivement.
"Notre mission, c'est de faire de l'eau potable. Ce n'est pas de dépolluer l'environnement. Donc, effectivement, les PFAS qui peuvent se trouver dans la ressource, on va les retirer du circuit vers l'usager. Donc, on ne va plus les retrouver dans l'eau potable. Mais comme on les appelle polluants éternels, ils sont toujours là. Et donc, on va les remettre dans l'Oise, pour l'instant", explique Sylvie Thibert, responsable qualité de l’eau au SEDIF
Le projet est chiffré à 1 milliard d'euros et cet investissement aura un coût pour les ménages. Plus 4 euros en moyenne par mois et par foyer. "Ça reste une eau très, très abordable. Ce sont quelques euros de plus par an pour les habitants de la région parisienne", argue Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia.
Le système sera déployé plus largement dans les prochaines années. D'ici 2032, 4 millions de Franciliens bénéficieront d'une eau plus propre.






