Technologies : "Les trois projets de diversification du français Riber, roi de la déposition MBE de semi-conducteurs" (Article L'Usine Nouvelle)

riberusinenouvelle

Le petit équipementier français de semi-conducteurs Riber explore trois nouveaux marchés prometteurs. Il mise sur ces diversifications pour conforter sa position de leader mondial des machines d’épitaxie MBE.

Un nouvel horizon s’ouvre pour Riber. Le petit équipementier francilien de semi-conducteurs, qui compte 120 personnes dans le monde, dont 100 à Bezons, dans le Val-d’Oise, et attent un chiffre d’affaires de 34 millions d’euros en 2019, mène trois projet R&D collaboratifs stratégiques. Il en attend la diversification dans trois marchés prometteurs susceptibles de faire franchir la PME une nouvelle étape dans son développement.

Le premier projet porte sur la déposition d’alliages d'antimoniures pour la réalisation de détecteurs Lidar dédiés à des applications comme la voiture autonome. Il est mené en partenariat avec l’Imec, l’institut de recherche belge en microélectronique. L’idée est de mixer, à différentes étapes du process, la technologie d’épitaxie par jet moléculaire (MBE) de Riber et la technologie concurrente de déposition en phase vapeur (MOCVD), pour améliorer la qualité du matériau déposé et le rendement de production. La phase de prototypage et d’évaluation est en cours pour une production de volume attendue en 2023.

Le deuxième projet porte sur les diodes laser VCSEL utilisées dans des applications comme la détection 3D sur smartphones. Il est mené en partenariat avec le client américain Intelli EPI, sur la base de MBE 8000, la nouvelle et plus grosse machine d’épitaxie MBE du français. " Aujourd’hui, les diodes VCSEL sont réalisées avec la technologie concurrente MOVCD, explique Philippe Ley, président du directoire. Le rendement reste très faible, de l’ordre de 50%. Avec notre technologie, nous espérons atteindre 80% tout en améliorant la précision et la qualité des couches de semi-conducteur déposé. " Avec cette diversification, le patron de Riber table sur la vente d’une dizaine de machines MBE 8000 dans 5 à 10 ans, rien que pour Intelli EPI.

Le troisième projet s’intéresse à la déposition de nitrure de gallium pour les écrans MicroLED à destination des lunettes à réalité augmentée. Il est conduit en partenariat avec le CRHEA, un labo de recherche du CNRS à Valbonne. Là encore, l’idée est de mixer les technologies MBE et MOCVD de façon à améliorer la qualité du matériau déposé sur le substrat. La production de volume pourrait débuter en 2021.

Fondé en 1964, Riber construit des machines d’épitaxie par jets moléculaires (MBE), c’est-à-dire de déposition sous vide de semi-conducteurs composés en couches ultra minces. Ses équipements sont utilisés aujourd’hui dans la fabrication de composants optoélectroniques, radiofréquences ou de puissance avec des semi-conducteurs composés (arséniure de gallium, nitrure de gallium, phosphure d’indium...), ainsi que dans la production d’écrans Oled ou de cellules solaires CIGS.

La PME revendique 50% du marché dans la recherche et 75% dans l’industrie. "Notre seul grand concurrent sur le marché de l’industrie est l'américain Veeco, affirme Philippe Ley. Mais notre vrai concurrent est la technologie MOVCD qui détient 80% du marché d’épitaxie de semi-conducteurs composés."

Riber, qui réalise plus de 90% de son chiffre d’affaires à l’international, fait face à un contexte compliqué par les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Près de 200 centres de recherche chinois ont été placés par le gouvernement américain sur la liste noire. "Nous avons dû revoir notre chaîne logistique de façon à nous procurer le maximum de composants en Europe et échapper aux interdictions américaines d'exportation ", confie le patron.

VERS L'INTÉGRATION DE L'IA DANS LES MACHINES

La PME tente de développer une activité d'accessoires et de services (maintenance des machines). "Nous voulons accroître de 35% cette activité en passant le chiffre d'affaires d'une dizaine de millions d'euros cette année à 14 millions d'euros dans trois ans", prévoit Philippe Ley.

Riber travaille enfin, avec un client équipementier d'électronique européen, à l'automatisation de ses machines d'épitaxie MBE, avec l'intégration à moyen terme de l'intelligence artificielle. Pour cela, elle a acquis une licence du Laas, un labo du CNRS à Toulouse. La première machine de ce type devrait sortir en 2020.

www.usinenouvelle.com/article/les-trois-projets-de-diversification-de-riber-roi-de-la-deposition-sous-vide-mbe.N890319

Partagez cet article sur les réseaux sociaux >>