
Source : France 3 IDF
Six milliards d’euros, 22 000 emplois, le projet de trois parcs à thème, dont le premier dédié au manga pourrait transformer le département du Val-d'Oise en une destination touristique majeure. Avec de nombreuses conséquences économiques et territoriales.
"Le projet dans le Val-d'Oise tel qu'il est présenté là avec six milliards d'investissement est vraiment ce qui c'est le plus important en ce qui concerne le marché des parcs thématiques de loisirs en France. C'est certain !", assure Jean-François Benon, directeur du comité d’expansion économique du Val-d’Oise. Voire plus important que le projet Disneyland à l'époque de sa création, estime l'économiste qui évoque un projet de même envergue que le "parc Universal à Bedford qui est prévu à l'ouverture en 2031".
On ne connaît pas encore le calendrier précis du chantier de ces trois parcs annoncés sur le site de l'ancien parc Mirapolis, fermé il y a 35 ans mais, la Région Île-de-France estime que "la fréquentation cumulée pourrait atteindre sept millions de visiteurs en vitesse de croisière". Une clientèle internationale qui ferait du département une destination touristique à part entière.
"Il faut reconnaître que ce modèle de parc est redoutablement efficace. On voit le succès de Disney qui est devenu la première destination en France", souligne Jean-François Benon.
Des dizaines de milliers d'emplois projetés
Le chantier du site sera porté par Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF) dédiée au divertissement, au sport et à la culture. Le projet prévoit également la construction d'hôtels, de restaurants et des logements, constituant ainsi un écosystème touristique complet. Au total, 22 000 emplois sont annoncés.
"Aujourd'hui, l'agglomération c'est à peu près 215 000 habitants, 100 000 actifs à la louche, Donc, ça veut dire que l'arrivée d’un parc de ce type, ça représente d'un seul coup presque un quart de la population active du territoire", souligne Jean-François Benon.
"On a un très gros pôle universitaire à Cergy-Pontoise avec plus de 38 000 étudiants. Ça va nécessiter un énorme travail dans les années qui viennent d'adaptation de l'offre de formation aux besoins techniques parce qu'il y a beaucoup de technologie dans ces parcs, des services et de l'hôtellerie, de la restauration de la gestion", observe le directeur du comité d’expansion économique du Val-d’Oise.
Sur ICI Paris Île-de-France, le président de l'Umih Île-de-France, le premier syndicat patronal du secteur CHRD (cafés - hôtels - restaurants - discothèques), Frank Delvau, a qualifié le projet d'"excellente nouvelle pour le tourisme francilien", espérant des dizaines de milliers d'emplois directs.
"Il va falloir développer le métier du tourisme, c'est une culture qu'on doit avoir vis-à-vis des métiers de service", explique Frank Delvau. "Malheureusement, côté restauration traditionnelle, il y a beaucoup de fermetures et de faillites, on a du mal à recruter dans ces métiers, donc il va falloir vraiment développer [cet aspect-là]", ajoute-t-il.
Directement concerné par les retombées économiques du projet, la Communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, présidée par Jean-Paul Jeandon. L'édile se félicite des bienfaits que devraient apporter à son territoire ces trois parcs d'attractions. Emplois, nouvelles offres de transports, créations d'entreprises. "Parallèlement, il y a bien sûr tous les services publics. C’est-à-dire l'hôpital Novo qui ne pourra pas rester dans sa dimension actuelle compte tenu du nombre de visiteurs. Vous avez après, toutes les forces de police qui seront renforcées. Et puis le dernier point, c'est l'accompagnement, je dirais, des constructions de logements avec des services publics, que ce soit des écoles, des crèches, des terrains sportifs", énonce Jean-Paul Jeandon qui plaide pour que le projet soit débattu avec les élus locaux.
Un défi pour les transports
Pour la région Île-de-France, "l'arrivée du parc" permettrait de développer sur le site qui avait accueilli Mirapolis,"un nouveau pôle de loisirs et d’activités, créateur d’emplois et d’attractivité pour le Val-d’Oise et l’agglomération de Cergy-Pontoise".
"Tout le monde parle de l'investissement privé, c'est très bien. Mais quel va être l'investissement public ?", s'interroge désormais Jean-François Benon au sujet de l'accès, de l'offre de transports qui mènera aux futurs parcs et qu'il faudra optimiser. Le site est pour l'instant à 40 minutes de route de l'aéroport Charles-de-Gaulle, à 18mn en bus et à pied de la gare du RER A de Cergy-le-Haut.
Pour Marie-Christine Cavecchi, Présidente du Département du Val-d’Oise ces trois parcs à thème "doivent également être l’occasion d’accélérer le développement de nos mobilités (RER, bus, tramway, Grand Paris Express) et de nos infrastructures routières, au bénéfice de tous les Valdoisiens. Le département sera pleinement engagé pour accompagner cette ambition".
"Tout ça permet finalement en matière de mobilité d'améliorer et de devancer quelque part des projets que nous avions depuis un certain temps (...) c'est la possibilité d'avoir le T13, le tramway qui permettra de se relier jusqu'à Saint-Cyr. C'est la possibilité d'avoir une liaison directe avec Roissy", renchérit le président de la Communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise.
Quoi qu'il en soit, Jean-François Brenon parie de son côté que l'arrivée de ces parcs aura un "impact considérable sur les infrastructures", comme ça a pu être le cas en Seine-et-Marne.
"Quand Disney est arrivé en 92, le département de Seine et Marne a changé de catégorie. Il a été terriblement impacté positivement de dynamisme et économique en matière d'infrastructures, ils ont récupéré une gare TGV, des équipements qui n'auraient jamais eu s'il n’y avait pas eu ça", constate-t-il.
Un territoire déjà imprégné par le manga
On ne connaît pas encore les thèmes des trois parcs mais le premier d'entre eux sera dédié à l'univers du manga. Un thème culturel déjà largement véhiculé et adopté dans le Val-d'Oise.
"Le Val-d'Oise est parmi les deux ou trois premiers en France sinon le premier en nombre d'entreprises japonaises présentes. On va fêter 40 ans de relations étroites avec le Japon dans le domaine culturel, y compris avec les écoles d'arts, autour des mangas", explique Jean-François Benon.
