2 millions de vis pour un airbus...
L’unité Val d’Oisienne de Blanc Aero Industries
(groupe français GFI Aerospace, troisième mondial du secteur) vient
de s’agrandir, mais elle risque de devoir, bientôt, encore
pousser les murs pour faire face à son développement. Spécialisée
dans les fixations aéronautiques, elle n’a, selon les termes
même de son jeune directeur, Michel Daumars, « pas le droit à
l’erreur ». Les vis et les écrous doivent en effet résister à
tout : pression atmosphérique, chaleur extrême dans les moteurs,
variations de température, etc. En titane et alliages pour les
cellules, en nickel pour les moteurs, ils subissent de nombreux
tests de tolérance et de résistance. Installée dans le Parc
d’activités industrielles du Vert Galant, à Saint-Ouen
l’Aumône au coeur de l’agglomération de Cergy-Pontoise,
l’usine est l’un des cinq sites de production que le
groupe possède en Europe (quatre en France, un en
Grande-Bretagne).
Reconnue pour sa fiabilité, l’usine est certifiée Iso 9001,
mais elle a surtout reçu l’homologation de clients
prestigieux. On le sait, la sécurité aérienne ne tient parfois
qu’à un petit écrou... et il faut près de deux millions de
fixations sur un seul avion de type Airbus A340 ! Aussi les
donneurs d’ordre sont-ils vigilants et multiplient-ils les
audits au sein de la PME. L’entreprise a d’ailleurs
installé un laboratoire interne où chacun des 35 lots quotidiens
(1,3 millions de pièces par mois) est testé (traction, fatigue,
cisaillement, résistance à chaud, usure etc.).
Identifiée au plan mondial pour son savoir-faire,
l’établissement Val d’Oisien de Blanc Aero Industries
réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires avec une
dizaine de clients qui sont servis en « juste à temps » où
qu’ils se situent (30% du chiffre d’affaires est
réalisé à l’export, dont les Etats-Unis).
« Depuis cinq ou six ans, le métier se mondialise de plus en plus,
tant au niveau de la clientèle que des marchés ou de la concurrence
» souligne Michel Daumars. La bataille des prix fait rage. Du coup
la stratégie s’adapte. « Depuis cinq ans, nous avons connu
une forte progression des volumes, et une baisse constante des prix
» précise encore le directeur.
Mais la reprise - après la crise du milieu des années 90 - est
forte. De 110 salariés début 1996, Blanc Aero Industries est passé,
à Saint Ouen l’Aumône, à 270 personnes aujourd’hui
(172MF de chiffre d’affaires).
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L’objectif est d’atteindre 300 salariés... avant d’avoir à réaliser de nouveaux travaux. Les derniers datent de l’année dernière. Le site a gagné 800 m2 d’ateliers, portant à 8000 m2 la surface de l’établissement : une taille difficilement compatible avec les contraintes immobilières de la première couronne parisienne, et qui explique aussi l’implantation de l’usine en Val d’Oise, tout en restant facilement accessible depuis Paris...
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