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Alliance Instrument 

" Ici certains de nos clients passent nous voir entre deux avions "

« S’il n’y avait pas eu de vin en France, je n’aurais pas créé mon entreprise » assure Alain Métayer. Très à l’aise dans son grand bureau moderne de Méry-sur-Oise, à quelques minutes de Cergy-Pontoise et dont les fenêtres s’ouvrent sur la campagne, le PDG d’Alliance Instruments SA (20 MF de chiffre d’affaires, 20 salariés) apprécie les soutiens qu’il a reçu lorsqu’il a choisi, en 1997, de s’installer dans le Val d’Oise. Le Comité d’Expansion Economique l’a aidé à trouver les terrains dont le coût a été réduit grâce à une aide financière du Conseil Général, et l’a accompagné sur des manifestations ciblées vers l’étranger : « sans le CEEVO, nous ne serions pas allés si vite en Afrique du Sud et au Chili » reconnaît-il.
Ce docteur en chimie est sorti de son laboratoire en 1975, pour entrer dans une entreprise américaine. D’un seul coup, il a triplé son salaire et s’est ouvert des horizons. Mais lorsqu’en 1987 cette entreprise est vendue « par appartements » à des étrangers, il décide, avec son collègue Paul Chaillot, de se lancer dans une nouvelle aventure : la création d’entreprise. « Il y avait un besoin en France d’analyseurs haute cadence, car les analyses se font sur un temps très court. Au moment des vendanges, certains producteurs arrivent à vérifier un millier d’échantillons par jour ». Les deux hommes se lancent donc en janvier 1988, et cherchent à automatiser ce que les laboratoires font manuellement. « C’est cette sorte d’alliance avec les laboratoires qui a donné son nom à la société » explique le PDG.
Très vite, le marché français se révèle trop étroit. «Le développement d’un appareil dure environ trois ans, et coûte de un à deux millions de francs. Nous savions donc dès le départ que nous serions amenés à exporter ». L’ouverture se fait naturellement vers les pays viticoles d’Europe : Italie, Espagne, Portugal. En 1994, devant ce qu’Alain Métayer appelle « la morosité de l’Europe », Alliance Instruments développe d’autres spécialités et lorgne vers l’Asie (Chine, Corée du sud). Le Français y rencontre un bon succès avec ses analyseurs pour le tabac. Au point qu’il crée un bureau de représentation en Chine. Trois salariés locaux y sont aujourd’hui employés.
Puis, forte de sa double compétence, autour du vin et du tabac, l’entreprise aborde les Amériques (Nord et Sud). Le dirigeant fait son bilan : « nous n’avons pas de grands comptes parmi nos clients, mais nous avons déjà vendu sept cents appareils dans 27 pays, dont 250 en France ».
Désormais, l’entreprise travaille donc sur trois secteurs d’activité : l’analyse de l’eau, des boissons (vin et bière) et du tabac.

 


Pour assurer son développement, Alliance Instrument est en train de mettre en place une nouvelle technologie qui aboutira en 2002. Et d’accélérer l’approche des Etats-Unis, dont la stabilité tranche avec les sautes d’humeur de l’Asie. « Certains de nos appareils ont des spécificités supérieures aux leurs » certifie le dirigeant qui apprécie en Val d’Oise la présence de l’aéroport Charles de Gaulle. « Lorsque l’autoroute Cergy-Pontoise-Roissy sera achevée, dans quelques mois, nous serons à vingt minutes de Roissy. Pour nous, c’est important car nous recevons ici davantage de visites d’étrangers que de Français. Certains clients lointains qui voyagent en Europe passent nous voir entre deux avions. C’est ici, à proximité de l’aéroport de Roissy, qu’il faut être implanté si l’on veut exporter facilement ».


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